• I- Les différents modèles d'éducation : une éducation inégale dans le monde

    A. L'éducation en Finlande

    I- Les différents modèles d'éducation : une éducation inégale dans le monde

    La Finlande est un pays où le système public d’éducation est tellement performant et envié dans le monde entier à cause de la qualité de ces enseignements. Elle se classe au peloton de tête de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (O.C.D.E.) et dispose d’un taux d’alphabétisation de 100%.

    Un système équitable pour tous, qui offrirait les mêmes possibilités à tous les enfants finlandais peut importe leur origine sociale, ethnique…

    I- Les différents modèles d'éducation : une éducation inégale dans le monde

    I- Les différents modèles d'éducation : une éducation inégale dans le monde

     

    « À sept ans, Veera commence sa scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans. Même ses dents seront soignées gratuitement par le dentiste de l’école. Elle mangera tous les jours à la cantine gratuitement. Douée comme elle est, Veera entre au conservatoire pour jouer du piano et cela coûte presque rien. Veera continue au lycée comme la plupart des filles, c’est toujours gratuit et même le déjeuner ne lui coûte toujours rien. Elle passe son baccalauréat à 18 ans et réussit à avoir une place à l’université ou une grande école où c’est toujours gratuit. Sa chambre d’étudiante est louée à un prix qui n’est que la moitié du loyer habituel, grâce à l’aide de l’État. Les Finlandaises sont les plus éduquées en Europe : 36 % ont une formation de troisième degré (université). Elles ont plusieurs diplômes et entrent sur le marché du travail avec de grandes espérances. »

    Markaana MÄKELÄ, L’État-providence et ses pièges. Le cas des Finlandaises, INNOVATIONS 2004/2, n° 20, p290, De Boeck Université

    I- Les différents modèles d'éducation : une éducation inégale dans le monde

    L'éducation finlandaise a de nombreux principes mais l’un des principes fondamentaux de ce système préconise que tout un chacun doit avoir accès à une éducation et une formation de qualité sur un pied d’égalité. Tout citoyen doit pouvoir disposer des mêmes possibilités d’éducation indépendamment de ses origines ethniques, de son âge, de son niveau de vie ou de son domicile. Le fait aussi qu'elle soit  obligatoire et gratuite. La Finlande met en place de nombreux moyens pour atteindre ce tel résultat, 6% de la richesse nationale est consacré à l'éducation, entre 5000 et 8000 euros sont investis par élève. Un taux de redoublement faible.

    Dans la Finlande annexée par la Suède au XIIe siècle, l’enseignement est entièrement sous la dépendance de l’Église. En 1809, la Finlande devient grand duché de l’empire russe mais la réglementation scolaire russe n’y est pas introduite. La direction nationale des écoles, créée en 1869, met fin à la domination sans partage de l’Église sur l’éducation. En 1917, la Finlande accède enfin à l’indépendance et, dans la constitution adoptée en 1919, deux principes sont affirmés : la généralisation de l’obligation scolaire généralisée et la gratuité de l’enseignement primaire. La loi sur la scolarité obligatoire est promulguée en 1921 et rapidement mise en œuvre. C’est en 1970 qu’intervient une réforme essentielle qui consiste à combiner l’école primaire et le collège en une seule école, « l’école fondamentale », qui s’adresse à tous et qui définit la scolarité obligatoire. Cette réforme a été réalisée afin de rendre un système équitable pour tous, qui offrirait les mêmes possibilités à tous les enfants finlandais peut importe leur origine sociale, ethnique. Jusqu'au début des années 1970, la Finlande a connu un système éducatif élitiste. La sélection s'opérait alors après seulement quatre années de primaire. Les meilleurs élèves pouvaient suivre une scolarité générale longue dans un collège suivie éventuellement de trois années de lycée. La majorité des enfants poursuivaient deux années supplémentaires de scolarité à l’école primaire. Jusqu'en 1972, au moins la moitié des élèves ne faisait pas d'études secondaires. La plupart des enfants des familles modestes quittaient l'école vers pour travailler ou suivre un apprentissage professionnel. En 1968, après 20 ans d'hésitation la réforme du système scolaire est adoptée en Finlande. La sélection à est abolie. Tous les élèves sont accueillis dans les mêmes établissements primaires et secondaires jusqu'à et reçoivent le même enseignement fondamental. La réforme est mise en place progressivement par région. Cette progressivité permet d'étudier de manière objective les résultats de la réforme en comparant le destin d'une classe d'âge touchée par la réforme et celui de la même classe d'âge non touchée par la réforme scolaire. Les analystes ont pu ainsi arriver à la conclusion que la réforme a entraîné une réduction des inégalités de 25 %. Il convient cependant de préciser que la société finlandaise, comme toutes les sociétés nordiques contemporaines, est plus égalitaire. Les écarts de revenus entre les parents ont moins d'effets sur le destin des enfants que dans les sociétés anglo-saxonnes où les réformes de démocratisation de l'école n'ont pas réduit les inégalités sociales.

    L’effort est particulièrement concentré sur l’école fondamentale. En effet, le professeur est assisté d’un assistant et d’un autre professeur spécialisé sur la notion étudiée. Les rythmes d’apprentissage sont adaptés en fonction des difficultés des élèves. Ils bénéficient d’un réel accompagnement personnalisé, la plupart des cours se déroulent en groupes (la classe entière est composée d’environ une vingtaine élèves). Chaque salle de classe, bénéficie d'un matériel informatique à la disposition des élèves. Le numérique permet aux professeurs de développer de nouvelles pédagogies où les élèves sont actifs de la construction de leur leurs savoirs et savoirs faire.En Finlande, l’évaluation des élèves se fait de manière continue pendant les cours ainsi qu’à l’occasion d’une évaluation finale. Le suivi continu permet d’orienter et d’aider les élèves dans leur processus d’apprentissage. Chaque élève reçoit un rapport personnel au moins une fois pendant l’année scolaire. À l’école fondamentale il n’y a pas d’évaluation nationale des acquis des élèves. Ce sont les enseignants qui procèdent à une évaluation de l’élève dans les disciplines respectives sur la base des objectifs prévus par le cursus. Les notes reportées dans l’attestation de fin d’études de l’école fondamentale, soit un brevet remis à la fin de la 9e année, sont octroyées par les enseignants. Et c’est à partir de cette évaluation que les élèves peuvent se qualifier pour des études ultérieures. C’est pourquoi, le curriculum national de base définit des lignes directrices pour l’évaluation des élèves dans toutes les disciplines régulières. Une des tâches de l’école fondamentale consiste à développer les capacités d’auto-évaluation de l’élève afin de l’aider à acquérir une meilleure connaissance de soi et de ses propres compétences d’apprentissage. Il peut ainsi prendre conscience des progrès réalisés et du processus d’apprentissage. Mais, ce succès n’est pas dû au nombre d’heures passées en classe. Effectivement, les élèves finissent les cours à 13h ou 14h et l’école n’est qu’obligatoire à l’âge de 7 ans. Ils n'effectuent pas beaucoup de devoirs. Les frais de scolarités, frais sanitaires… sont payés par l’État. 

    Les enseignants veulent maintenir un niveau de motivation élevé, ils considèrent que cela est la clef de la réussite, maintenir un niveau de motivation élevé. Le plus important est qu’il sache chercher de nouvelles connaissances. Les notes sont utilisées à titre informatif afin de déterminer les groupes selon leurs compétences. Les enseignants sont soigneusement choisis, bien formés et considérés comme des experts dans leur domaine. Leur concours est très difficile. Ils doivent obtenir un master. Ils sont libres au niveau de leur pédagogie. Dans une enquête sur les jeunes de quinze ans publiée en 2003, les élèves plaçaient le métier d’enseignant en première position parmi les métiers qu’ils aimeraient exercer plus tard. À la campagne tout particulièrement, l’enseignant est encore perçu comme un modèle et il incarne une certaine élite intellectuelle à laquelle on aimerait appartenir. Si les élèves ont une vision aussi positive de leurs enseignants, c’est que l’enseignement qu’ils dispensent est reconnu comme étant de qualité. Celle-ci est due à la qualité de la formation des enseignants mais aussi au consensus social : la dernière grève des enseignants remonte aux années 1994. Dans ce secteur comme dans les autres, les concertations syndicales se font sur une base régulière, généralement tous les ans. La formation des professeurs mobilise l’attention du ministère. La période actuelle est considérée comme une période de transition au cours de laquelle le problème des salaires doit retenir l’attention dans la mesure où les salaires du secteur tertiaire ont augmenté beaucoup plus que ceux des enseignants. « Nos enseignants ont tous une formation qui équivaut à un mastère et une formation à la recherche, ils ont une position sociale assez élevée, ils appartiennent à un seul syndicat y compris les chefs d’établissements ». Les enseignants poursuivent cinq à huit années d’études à l’université, soit 4 200 heures de cours dont 1 400 doivent être consacrées à la pédagogie et une année de pratique dans une école d’application. En mai 2002, on comptait 53 414 enseignants à temps plein dans le secondaire et 7 933 enseignants dans le supérieur. Flexibilité et égalité des chances sont les maîtres mots du système éducatif finlandais : flexibilité qui se traduit par la grande liberté de choix offerte à l’élève dès le secondaire ; égalité des chances qui se traduit, notamment via le développement de l’enseignement secondaire à distance, par une « ardente obligation » d’une qualité égale d’enseignement sur tout le territoire.

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